Gens du voyage

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L'expression « gens du voyage » a été mise en circulation par deux décrets français des années 1972, qui se référaient à la loi de 1969 sur l'exercice des activités économiques ambulantes.

En effet, dans la pratique administrative et dans le langage médiatique, cette appellation est souvent utilisée pour désigner les Tsiganes de France (y compris les Sinté Manouches et les Kalés Gitans, bien qu'ils ne soient itinérants que pour environ 15% d'entre eux, et que parmi la population itinérante en France ils ne soient qu'une minorité.C'est dans un souci de ne pas désigner ethniquement une identité présente sur le sol français que le langage officiel utilise cette expression, le Droit français ne reconnaissant pas l'existence de minorités ethniques ou nationales.

Il ne faut pas confondre « gens du voyage » avec les Irish Travellers en anglais, ce qui est souvent fait lors de traductions d'une langue à l'autre. Ces derniers, qui ne sont pas non plus nomades, sauf une petite minorité, sont d'origine irlandaise alors que les Tsiganes au sens large du terme, y compris donc les Gitans et les Manouches, sont d'origine indienne et parlent une langue également d'origine indienne.

Le gens du voyage ont sur un plan culturel beaucoup contribué à la musique, tant classique, qu'au jazz.Il conviendrait de parler de « Musique des gens du voyage » et « Jazz des gens du voyage ».

Sommaire

Considérations selon les pays

Les Gens du voyage en France

Depuis le Moyen Âgede très nombreuses familles originaires de différentes régions de France ont développé des activités économiques liées à la mobilité : colporteurs, mercenaires et travailleurs saisonniers...

Les réfugiés de Petite Égyptearrivés en France au début XVsiècle, adoptèrent également, par nécessité économique, ce type de vie. D'abord en tant qu'entreprises de guerre au service des grands seigneurs féodaux, puis, suite à l'interdiction par Louis XIV de la guerre privée et à la Déclaration du Roy contre les Bohèmes en 1682, contraints de se cacher et de circuler, ils trouvèrent une reconversion dans les services saisonniers et le commerce ambulant.

À la fin de la guerre de 1870, de nombreuxYéniches d'Alsace ont opté pour la France et sont venus également se joindre à la masse des familles vivant une vie structurée autour de l'itinérance.

Ce sont toutes ces familles que l'on regroupe aujourd'hui en France sous l'appellation « Gens du voyage ». Ils sont entre400.000 et 500.000, nombre considérable par rapport aux quelque 5.000 Yéniches itinérants en Suisse ou aux 15.000 Travellers irlandais ou « Pavee » comme ils se nomment eux-mêmes.

Voir également l'article : Migration des Roms de l'Inde à l'Europe

La loi française

Jusqu'en 2000, la loi Besson du 31 mai 1990 obligeait les villes de plus de 5 000 habitants à prévoir des emplacements de séjour pour les nomades, ce qui a pu amener des situations complexes pour les communes proches de cette limite[2].

La loi n°2000-614 du 5 juillet 2000 définit à présent les règles MEEAX.htm.

En mars 2003, la loi sur la sécurité intérieure a restreint les droits des gens du voyage concernant l'occupation de terrains.[1]

Notes et références

  1. Rappelons l'histoire singulière de ces sédentaires indiens raptés au début du XIe siècle, embarqués par des nomades Turcs dans une guerre de conquête en tant qu'esclaves militaires puis sédentarisés en Anatolie près de cinquante ans plus tard. Certains d'entre eux installés vers la fin du XIIIe siècle dans les comptoirs Vénitiens et dans l'Empire byzantin en tant qu'artisans ou militaires sont forcés de s'exiler à nouveau au moment de l'arrivée des Ottomans à la fin du XIVe siècle. L'histoire de cette communauté en Europe remonte au XVe siècle. Les premiers voyageurs étaient dotés d'une certaine aura de respectabilité et de noblesse. En 1427, la centaines de voyageurs se présentent souvent comme des pèlerins. Ils obtiennent des lettres de protection de monarques. Eu XVe et XVIe siècle, les tsiganes d'Europe sont protégés par des princes de Hongrie, Bohême, Pologne, France. L'opinion manifeste alors à leur égard un mélange de tolérance et de crainte respectueuse. Mais peu à peu, les gens du voyage furent dénoncés comme trublions à l'ordre social, « abuseurs de gens ». Ceux qui arrivèrent en Allemagne, en Italie et en France (Sinté/Manus), furent contraints, d'expulsions en expulsions, de trouver des stratégies de subsistance au travers de l'itinérance. Le destin de leurs frères dans les Balkans Roms) et dans la Péninsule Ibérique Kalé-« Gitans ») fut très différent et ils sont quant à eux très majoritairement sédentaires. Roms et Kalé ne sont donc pas des « Gens du voyage ».
  2. Aire d'accueil des gens du voyage : les habitants appelés à s'exprimer

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Daniel Merchat, Accueil et stationnement des gens du voyage Éditions Le Moniteur Paris 2001
  • Emmanuel Aubin, La Commune et les gens du voyage, Éditions Berger-Levrault Paris 2003